Le Tai Chi Chuan
Un art martial devenu chemin de bien-être
Le Tai Chi Chuan (太极拳, Taijiquan, « boxe du faîte suprême ») est un art martial chinois interne, né au XVIIe siècle dans le village de Chenjiagou (province du Henan), où la famille Chen le développa et le transmit en secret pendant près de deux cents ans.
Ce n’est qu’au XIXe siècle, grâce à Yang Luchan, que cet art quitte le cercle fermé du clan Chen pour se diffuser à Pékin, donnant naissance au style Yang, aujourd’hui le plus pratiqué au monde. D’autres styles existent chacun avec ses propres caractéristiques de mouvement, mais partageant les mêmes fondements : le travail du souffle (Qi), la recherche du relâchement (song), l’alternance du vide et du plein, et la circulation continue de l’énergie interne.
Une pratique aux multiples visages
Loin de se réduire à une simple gymnastique lente, le Tai Chi Chuan est avant tout un art martial complet, associant :
• une forme (taolu) : un enchaînement de mouvements exécuté en solo, à mains nues ou avec armes (sabre, épée, bâton, éventail) ;
• un travail à deux : le tuishou (« poussée des mains »), qui développe l’écoute et la sensibilité au contact ;
• des applications martiales, souvent invisibles au premier regard tant les mouvements paraissent doux et fluides.
C’est Yang Chengfu (1883-1936), petit-fils de Yang Luchan, qui codifia au début du XXe siècle la célèbre forme longue de 108 mouvements, aujourd’hui la référence la plus largement enseignée dans le monde.